Les Bidonvilles sont plus durables que les villes durables

La population mondiale a atteint presque les 7 milliards d’habitants dont 1.7 milliards vivent sous le seuil de la pauvreté avec moins de un dollar par jour.

Dans quelques jours un sommet mondial sur le développement durable aura lieu au Brésil.

Depuis plus de deux siècles, depuis le sommet de RIO sur le développement durable et même avant en parlait de ville durable.

Est-ce-que quelqu’un entre nous connait combien de nouvelles sont qualifiées maintenant de villes durables. Ou autrement dit combien des gens d’entre nous qui n’ont jamais entendu de la notion de ville durable.

Juste pour rafraichir la mémoire, la notion de  ”ville durable”  les acteurs territoriaux à repenser la ville dans une approche intégrée, prenant en compte les principes de cohérence, d’amélioration continue et de gouvernance partagée et respectant l’interdépendance des exigences environnementales, économiques et politiques.

Pour atteindre ces objectifs, l’aménagement urbain constitue un enjeu prioritaire pour améliorer la qualité de vie et réduire l’ensemble des nuisances et la dégradation des ressources naturelles  et en préparant les conditions optimales de la création d’une offre de logements pour satisfaire les besoins.

 

Fort est de constater que si les sociétés humaines sont restées rurales pendant des millénaires, la tendance se renverse à un rythme accéléré.

Près de la moitié de la population mondiale vit actuellement en ville : 80 % dans les pays industrialisés, 40 % en moyenne au Sud.

Le Sud compte 3,5 milliards d’urbains et 5 milliards sont prévus d’ici 2025.

En 2030 le taux d’urbanisation mondial devrait dépasser les 60 %.

En Afrique et en Asie, chaque semaine, la population urbaine augmente de 1 million de personnes, soit plus de 50 millions par an.

Normalement avec un bon aménagement du territoire et une bonne gouvernance, les villes peuvent être des lieux d’innovations, de libertés, de création de richesses, de mise en réseaux, d’éducation et de progrès social,

 

Mais ces villes  qui peuvent être des lieux pour le progrès peuvent aussi constituer des endroits pour aggraver la ségrégation sociale, le morcellement territorial, l’insécurité, les problèmes sanitaires.

Actuellement plus de 1 milliard de tonnes de déchets par an sont ainsi entreposés dans des décharges à ciel ouvert.

La croissance démographique actuelle, notamment dans les pays du Sud, n’est pas le reflet d’un mode de développement équilibré.

Si elles n’occupent que 2 % de la surface de la planète, les villes concentrent 80 % des émissions de CO2 et consomment 75 % de l’énergie mondiale.

Donc, on dirait que cette notion de ville durable, n’a pas quitté les pensées des écologistes et les multiples documents publiés par les organisations internationales qui à mon égard ne font que polluer le monde.

Au Sud, la croissance urbaine est surtout celle des bidonvilles.

Dites-vous un milliard de personnes vit dans des bidonvilles insalubres dont 72 % de la population urbaine en Afrique sub-saharienne.

Ce chiffre pourrait atteindre près de 2 milliards au cours des trente prochaines années, tandis que les Objectifs du millénaire pour le développement prévoient de réussir, d’ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis.

Donc avant de parler de ville durable, les bidonvilles devraient être l’objet de politiques de développement urbain et/ou rural durable prioritaires, avec la participation des habitants, qui prennent en compte les besoins réelles de la  population à une meilleure qualité de la vie, et en prenant en charge les services nécessaires comme l’eau potable, l’électricité, la santé, le transport, le travail,… et dont les activités devraient être valorisées et rémunérées.

Enfin, la ville durable  doit être installé en harmonie avec son environnement limitrophes et notamment le rural  et ce en s’appuyer sur des objectifs stratégiques qui traduisent un développement durable, lequel ne compromet pas celui des autres populations et des générations futures

Améliorer l’équité sociale en renforçant l’accessibilité pour tous à l’emploi, aux logements, à l’éducation, à la santé, aux services et équipements collectifs, et en luttant contre les inégalités sociales et écologiques constitue à mon sens les leitmotivs de la ville ou bidonville durable.

Nous sommes donc loin de la simple prise en compte de l’environnement pour construire une ville durable  mais nous plus près de la notion de bidonvilles durables.

Dali najah

 

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