A part les accusés, tout le monde vous dira que le sommet mondial du climat qui s’est tenu à Durban était un véritable échec.
En effet, sans rentrer dans les détails, lors de cette 17ième conférence des parties contractantes (COP 17) à la convention cadre des nations unies pour les changements climatiques, était normalement une belle occasion pour l’ensemble des pays du monde pour montrer leur soutien à l’Afrique.
D’ailleurs, quelle audace, à la fin de la Conférence, Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a écrit sur Twitter : « En l’honneur de Mandela : cela a toujours l’air impossible, jusqu’à ce que ce soit fait. Et c’est fait ! »
Mais la réalité et toute autre, au-delà de l’enthousiasme affiché par ce dernier, tout reste encore à écrire d’ici à la prochaine Conférence qui se tiendra fin 2012 au Qatar.
Il importe de noter que plusieurs critiques ont été déjà avancées à propos du choix du Qatar pour abriter cette conférence, puisque c’est un pays qui produit le plus d’émissions de CO2 par habitant au monde.
Par ailleurs, les enjeux spécifiques pour les pays africains et, d’une manière générale, pour les pays en développement semblent être toujours marginalisés.
L’Afrique qui ne contribue que presque de 4 % du total mondial en gaz à effet de serre (GES), constitue le continent le plus vulnérable et les plus affectés par les conséquences du réchauffement climatique.
En effet, les décisions prises depuis Cancun notamment au regard des financements additionnels pour le climat, comme la mobilisation à partir de 2013 et jusqu’en 2020 de 100 milliards de dollars par an afin de répondre aux besoins en terme d’adaptation des pays les plus pauvres ainsi que l’accompagnement technologique des PED pour un développement sobre en GES ou encore des avancées sur la mise en œuvre REDD+.
D’ailleurs certains spécialistes en matière de négociations, vous direz tout simplement que l’Afrique manque d’une diplomatie environnementale capables de porter ses messages dans ce genre de négociations.
De plus, il y a trop de groupes, de comités, de réunions et les groupes constitués ne sont pas toujours homogènes d’une instance à l’autre. Il y a trop d’intérêts divergents et parfois les positions affichées sont même contradictoires d’une instance à l’autre. Les positions du G77 et de la Chine illustrent bien la complexité de cette réalité dans laquelle l’Afrique est rarement en position d’arbitre.
Voila pour continuer ce marathon de réunion, le centre de conférences des Nations unies à Addis-Abeba au Kenya abritera du 18 au 20 avril 2012, la quatrième édition du Forum africain du carbone.
L’AFC, dont l’édition 2011 à eu lieu au Maroc, à Marrakech, est le lieu de rencontre entre les porteurs de projets, les investisseurs et toutes les parties prenantes du Mécanisme de développement propre en Afrique. On y trouve notamment les représentants des Etats, des Autorités nationales désignées (AND), des agences des Nations unies, de la Banque mondiale et du secteur privé.
Or a mon avis personnel, et sans être pessimiste cette rencontre n’amènera à rien, il suffit de voir les réactions de quelques pays pollueurs comme le Canada qui se retire du protocole de Kyoto, Washington qui ne signera jamais ce traité surtout avec l’approche des élections présidentielles aux USA, l’attitude prises par plusieurs autres pays comme le Japon,…
Cette diminution de l’intérêt des états aux protocoles de Kyoto aura pour conséquence tout simplement la chute des prix de vente de la tonne de carbone.
Déjà a l’état actuel avec un prix spot de 4,1 euros la tonne (selon Bluenext le 3 février 2012) de CER Certified Emission Reduction (CER) le marché du carbone peine a trouvé une stabilité économique même si la Banque mondiale indique que les transactions sur le marché du carbone ont représenté 142 milliards de dollars en 2010.
Sur 3821 projets enregistrés par le secrétariat du MDP le 3 février 2012, seulement 80 projets l’ont été en Afrique soit à peine 2,09 %.